Justice
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En collaboration avec
Eric Laurent, auteur de "La Guerre des Bush" et "Le monde secret de
Bush" (Editions Plon). |
| Synopsis |
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À huit ans d’intervalles, Georges Bush et son fils, W., se sont succédé à la
tête du pays le plus puissant de la planète. Un phénomène sans précédent
dans l’histoire américaine. Les évènements majeurs, au cours des douze
dernières années, se sont déroulés sous leurs présidences : Effondrement de
l’empire soviétique et du bloc communiste, première Guerre du Golfe,
événements du 11 septembre, globalisation du terrorisme et nouveau conflit
avec Bagdad… Qui sont les Bush ? En apparence la « dynastie tranquille » de l’Amérique. En réalité, une « dynastie » dont les secrets de famille insoupçonnables sont soigneusement enfouis. Le grand-Père de l’actuel Président, Prescott Bush, a fait fortune en prenant la direction d’entreprises nazies, après l’arrivée au pouvoir de Hitler. En 1942, ses entreprises ont été saisies, pour collaboration avec l’ennemi. Bush père, vice-Président de Ronald Reagan puis Président à partir de 1988, a armé et financé Sadam Hussein. Il a donné son accord à l’expédition de souches d’armes biologiques à l’Irak, facilitant les attaques à l’arme chimique contre les troupes iraniennes et la population kurde. Ce film propose de passer de l’autre côté du miroir et de découvrir que les Bush, père et fils, ont non seulement dîné avec le diable, mais qu’ils se sont souvent invités à sa table. Les Bin Laden et les Bush ont toujours été associés en affaires et la famille du futur chef terroriste a financé, indirectement , la carrière politique de George W. Bush. Cette alliance contre-nature s’est prolongée au-delà des attentats du 11 septembre : Bush Père est un des principaux responsables du plus gros fonds d’investissement privé des Etats-Unis, Carlyle, qui a beaucoup investi dans le secteur de l’armement. Les chars Bradley et les missiles utilisés pendant la dernière guerre contre l’Irak, sont fabriqués par des firmes contrôlées par Carlyle… et les Bin Laden, puisque ces derniers sont des associés de Bush au sein de ce fonds d’investissement. « Le monde selon Bush» s’appuie sur des faits dûment vérifiés et des témoignages. Il offre un tableau inquiétant et saisissant de l’exercice du pouvoir suprême à la tête de la première puissance du monde, mais aussi des alliances inavouables qui ont pu être tissées et qui demeurent soigneusement occultées. Il existe chez les Bush un sentiment absolu d’impunité qui atteindra des sommets tout au long de la trajectoire politique de Georges W. Bush. Sa décision d’attaquer l’Irak et de renverser le régime de Saddam Hussein constitue d’ores et déjà une des plus fascinantes énigmes politiques sur laquelle les historiens se pencheront dans les années à venir. Aucun thriller ni scénario de politique-fiction n’aurait pu imaginer les mécanismes d’une intrigue aussi bien tissée dont les protagonistes, hélas, ne sont pas des personnages de fiction, mais avant tout un homme et son équipe qui tiennent le destin du monde entre leurs mains. Pour la première fois dans l’histoire politique américaine, un petit groupe d’hommes, uni depuis trente ans, a réellement pris le contrôle de la politique étrangère américaine, faisant taire toute opposition. Derrière ce projet géostratégique affiché, se cachent non seulement des intérêts économiques considérables, mais aussi une vérité encore peut-être beaucoup plus inquiétante, un projet religieux, auquel Georges W.Bush s’identifie totalement, initié par les extrémistes qui constituent l’entourage direct de Georges W. Bush. Jamais avant son arrivée à la Maison Blanche, la religion n’avait pesé d’un poids aussi écrasant. Jamais dans l’histoire des démocraties, un homme et son équipe n’ont agi avec une telle arrogance, faisant fi de la légalité internationale, et aboutissant à une collusion d’intérêts sans précédent : projet politique et intérêts personnels totalement imbriqués, baignant dans un cynisme absolu. La dernière guerre contre l’Irak, aux conséquences totalement imprévisibles, cache un autre danger : celui de voir l’Amérique s’installer à la tête de nouvelles missions « civilisatrices » du même type, imposées par la force, mues par des idées au mieux naïves, au pire totalement hypocrites, et pensées sur un avenir dangereusement court. Avec, face à Washington, un monde cantonné au rôle de simple figurant… |
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L'Avis de la Rédaction |
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Parallèlement au battage médiatique qui entoure le film de
Michael Moore, FAHRENHEIT 9/11, sort le documentaire français de
William Karel, LE MONDE SELON BUSH. Un film très utile pour cerner la personnalité et l’intelligence "douteuse" de Georges W. Bush, et surtout l’influence que tout son entourage (Paul Wolfovitz, Richard Perle, le lobby saoudien…) détient sur lui, le manipulant à souhait. LE MONDE SELON BUSH décortique comment le gouvernement a utilisé les attentats du 11 septembre 2001 pour justifier son attaque contre Saddam Hussein aux yeux de l’opinion publique américaine, et rappelle l’implication de la famille Bush dans le plus gros fonds d’investissement privé des Etats-Unis, Carlyle, dont certaines firmes ont fabriqué les chars et missiles utilisés en Irak. Dans ce documentaire assez académique, William Karel, un ancien reporter-photographe de l’agence Gamma, a su croiser et confronter à un rythme soutenu les interviews de nombreux acteurs spécialisés ou impliqués dans le gouvernement, ce qui permet d’éviter toute lassitude. On se délecte devant ces analyses pertinentes, ces déductions implicites, et de voir le puzzle des décisions prises par Bush détaillé et implacablement condamné. Diane MAHU |
| Caractéristiques du DVD |
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![]() Image : DVD 9 - 4/3 – Format 1.33 |
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Revue de Presse |
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| Entretien Avec William Karel |
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Votre film est pour une large part basé sur une enquête menée par Éric
Laurent. Comment est-on passé des livres aux documentaires ? J'ai lu le premier livre d'Éric Laurent, La Guerre des Bush, lorsque je faisais mon précédent film sur la CIA [CIA, guerres secrètes, diffusé sur Arte]. Je venais de terminer le tournage et j'entrais en montage au moment de sa parution. Je l'ai trouvé passionnant. Au point que je suis même retourné voir l'un des témoins que j'avais interrogés, parce que j'avais appris des éléments nouveaux sur lui. Après le film, j'ai lu le second livre, Le Monde secret de Bush, avec toujours le même intérêt. Et, un matin, Jean-françois Lepetit et Agnès Vicariot m'ont appelé pour me dire qu'ils venaient d'acheter les droits et me proposer d'en faire l'adaptation. CIA, guerres secrètes était mon septième documentaire sur les États-Unis, alors je m'étais dit que je commençais à avoir un peu fait le tour de la question... En même temps, ça devenait pour moi comme un feuilleton dont je voulais connaître la suite. Le film a été diffusé au tout début de la guerre en Irak et j'avais très envie de retourner aux États-Unis voir comment les choses évoluaient là-bas. Alors, j'ai accepté. Avez-vous cherché à retrouver tous les témoins qu'Éric Laurent avait rencontrés pour son enquête ? Ce n'était pas vraiment possible. Il est beaucoup plus facile d'entrer en contact avec les gens quand on travaille pour la presse écrite. D'abord à cause de la réputation d'un journal (dans le cas d'Éric Laurent, c'était Le Figaro) mais surtout parce qu'on peut les citer sous le couvert de l'anonymat, ce qui est évidemment impossible à la télévision. D'autant que j'ai l'habitude de faire des films qui utilisent des témoignages directs, car je traite de sujets déjà historiques et que les témoins n'ont en général plus de devoir de réserve. Là, on était dans l'actualité immédiate, alors il y a eu tout de suite un certain barrage. Ce qui fait que votre film privilégie les témoignages extrêmement critiques... C'est vrai, des gens comme Stanley Hoffmann ou Norman Mailer n'ont pas une grande estime pour les Bush, voire les détestent carrément. Il y a aussi ce qu'on peut appeler des " dissidents ", comme David Kay ou Joe Wilson, qui ont travaillé pour l'administration de Georges W. Bush mais ont quitté son service. Quant à ceux qui soutiennent Bush et la guerre en Irak, ils ont pratiquement tous refusé de participer. Nous avons essayé vingt fois d'approcher Paul Wolfowitz, à chaque fois on nous a envoyé promener. Je ne vous parle même pas de Bush père... Le pire, c'est Dick Cheney : il est impossible d'approcher qui que ce soit de son entourage. Et quant aux rares qui ont accepté... Nous avons obtenu le témoignage de Richard Perle parce que je le connaissais depuis mon précédent film et qu'il a une maison en France, mais surtout parce qu'il n'a plus aucune fonction officielle. Le seul membre " officiel " de l'entourage de Bush qui ait accepté de nous répondre est David Frum, auteur des discours présidentiels et " inventeur " de la formule d'" axe du mal ". Pour d'autres témoins, c'était plus compliqué. Frank Carlucci voulait bien parler mais pas de tout. Hors de question de dire un mot des liens entre Saddam Hussein et Bush père, il était même horrifié qu'on puisse aborder le sujet. Michael Ledeen, ancien conseiller de Reagan, était dans une position plus ambiguë. Il demeure fidèle à Bush père mais n'a pas de sympathie particulière pour son fils. Il voulait bien évoquer du bout des lèvres les armes de destruction massive mais il ne pouvait pas aller beaucoup plus loin. Imaginez : si jamais Bush fils les trouve, il devra expliquer que c'est son propre père qui les a fournies à l'Irak quand il était au pouvoir ! Votre précédent film, Opération Lune, qui relevait surtout de la plaisanterie, a été vu par certains comme une charge anti-américaine. Là, vous aggravez votre cas... Même si je ne livre jamais directement mon point de vue personnel, il est difficile de rester objectif sur un tel sujet, et d'ailleurs, je ne crois pas beaucoup à l'objectivité en matière de documentaire. Je ne peux pas cacher mon antipathie pour les Bush et pour leur entourage, pour ce qu'ils sont et ce qu'ils font. On peut vous rétorquer que ce ne sont pas eux qui ont mis en place le système dont ils profitent, notamment cette collusion entre le politique et le complexe militaro-industriel. À l'époque des Nixon, des Kissinger, etc., ce n'était guère mieux... C'est vrai. D'ailleurs, Eisenhower, lors de son discours d'adieu, mettait déjà en garde les Américains contre les dangers que faisait courir à la démocratie la montée de ce complexe militaro-industriel. Mais ce qui a changé, c'est d'abord la place du président. Nixon était un manipulateur sans scrupules, certes, mais c'était surtout un homme très intelligent, qui participait à toutes les décisions prises à la Maison Blanche, qui n'était jamais dépassé par ses conseillers. Quand George W. Bush affirme, ces derniers jours, qu'il n'a pas été informé des cas de torture à la prison d'Abou Ghraib, le pire, c'est que je le crois ! Ce type n'est au courant de rien, la plupart des décisions passent au-dessus de sa tête. Nixon était capable de travailler 23 heures sur 24, lui, il fait des siestes de 5 heures en pleine guerre ! Ce qui est totalement inédit, c'est aussi le poids et l'influence de l'entourage présidentiel. Quand on pense que Bush père siège au conseil d'administration de Carlyle et donc vend indirectement des chars et des missiles au Pentagone destinés à la guerre de son fils ! Que la femme de Cheney est chez Lockheed-Martin, qui vend du matériel militaire à son mari ! Que Cheney lui-même contribue à enrichir Halliburton, dont il a été le PDG ! On croit rêver ! Ces gens font des profits par tous les moyens possibles, sans aucune morale et en toute impunité. C'est pour illustrer cet aspect que je voulais évoquer le conseil d'administration du groupe Carlyle, auquel assistait un membre de la famille Ben Laden, le matin du 11 septembre 2001. En soi, ça ne représente pas grand-chose mais symboliquement, c'est un bon résumé de la situation : au moment où son frère faisait se fracasser deux avions contre les Twin Towers, Shafiq Ben Laden était tranquillement en train de discuter affaire au côté de George Bush Sr. Tout de même, huit films sur les États-Unis, et pas sur leurs côtés les plus glorieux... Vous avez un problème avec ce pays ? Eh bien non (rires). J'aime beaucoup ce pays. À cause de ce qu'il a représenté pour les gens de ma génération : un modèle, la source de tous les mouvements d'émancipation et de contestation. Mais aussi parce qu'il est très agréable d'y travailler. Quand je faisais mon film sur les années Giscard [VGE, le théâtre du pouvoir, diffusé sur France 3], c'était un véritable cauchemar d'obtenir des entretiens au sujet d'événements qui ont eu lieu il y a 30 ans ! Aux États-Unis, une fois que les gens ont quitté leur fonction, ils parlent sans aucun problème. Le directeur du FBI qui apparaît dans mon film sur la CIA quittait son poste un vendredi soir. Le samedi, à midi, on commençait l'interview ! Pour les anciens agents de la CIA, c'était un peu plus compliqué parce qu'une loi leur interdit d'écrire même une ligne sans la faire valider par l'Agence. Mais il y a un vide juridique concernant les interviews télé dans lequel ils s'engouffrent. Quand j'allais voir les hommes qui avaient été chargés de préparer l'assassinat de Castro, ils commençaient par me dire " Vraiment, ça vous intéresse encore, ces vieilles histoires ?! ", puis, ils racontaient. En plus de ça, j'adore la politique américaine. Je lis beaucoup, je rassemble de la documentation. Quand on a une autorisation pour rentrer à la Maison Blanche, un badge de 24 heures pour se balader au Pentagone, c'est magnifique. Au moment où je tournais Les Hommes de la Maison Blanche, Clinton venait juste d'arriver au pouvoir, donc il n'entrait pas dans le cadre du film. Mais l'attaché de presse nous a proposé de le suivre pendant une journée... J'ai tout lâché pour y aller. Pour le simple plaisir d'être dans les escortes, de voir comment tout ça fonctionne... Une fascination de gamin. Donc, malgré tout, vous ne désespérez pas des États-Unis... Lorsque je considère ce qui est en train de se passer dans la société américaine, du retour aux " vraies valeurs " au film de Mel Gibson, en passant par l'affaire du sein de Janet Jackson, le bannissement du direct à la télé, le limogeage de certains journalistes, le Patriot Act, le soutien indéfectible à Sharon, qui pousse Israël au suicide, etc., je ne peux qu'être affligé, parce que j'y vois un retour en arrière. Mais, par ailleurs, il y a cette manifestation d'un million de femmes qui protestaient contre la modification de la loi sur l'avortement, il y a les films de Michael Moore, il y a le sénateur Robert Byrd, ce type de 85 ans qu'on croirait sorti d'un film de John Ford et qui a prononcé un discours extrêmement violent contre le gouvernement Bush... Je me dis que tout le monde ne dort pas. Qu'est-ce qu'un film comme le vôtre peut changer ? Rien. Dans CIA, guerres secrètes, il était question de ce fameux rapport du 6 août envoyé par l'Agence à George W. Bush pour l'avertir de l'imminence d'un attentat terroriste. J'ai rencontré deux directeurs de la CIA qui me l'ont montré - du moins hors entretien, parce qu'il leur était impossible d'en parler -, j'ai utilisé cet élément dans le commentaire, en donnant la date, en montrant la première page, en interrogeant un agent qui l'avait eu sous les yeux... Tout ça devait bien durer 4 minutes, et Arte diffusait ce film à 20 heures 40. Eh bien, c'est passé totalement inaperçu ! Un an plus tard, Le Monde faisait sa manchette en disant " Il paraît qu'il y a un rapport... " Ça me met très en colère mais, au fond, j'ai perdu mes illusions lorsque j'ai fait Histoire d'une extrême droite, où je retraçais l'ascension de Le Pen. Parmi les lettres que j'ai reçues, la plupart d'insultes, il y en avait une où une femme me félicitait en disant " Merci de m'avoir ouvert les yeux. Je militais depuis 15 ans pour Le Pen. Je viens de rejoindre Bruno Mégret ! " (rires). Propos recueillis par Christophe Kechroud-Gibassier |
| Entretien Avec Eric Laurent |
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Lorsque vous avez commencé à écrire La guerre des Bush, est-ce que vous
pensiez à une possible adaptation au cinéma ou à la télévision ? Très franchement non. Je pensais que le sujet - les ambiguïtés, les secrets de la famille Bush - était trop sensible trop délicat et je n'envisageais pas qu'un producteur prenne le risque d'en faire un documentaire. Le premier livre est sorti avant le déclenchement de l'intervention militaire en Irak et rappelez-vous, malgré les oppositions, les opinions publiques se mobilisant contre cette intervention, il y avait tout de même une espèce de consensus autour du bien-fondé de cette intervention, sur la dangerosité de Saddam Hussein. Ce qui me semblait dangereux, c'était le discours de cette administration développant un certain nombre de points, qui se sont révélés mensongers sur la soi-disant menace représentée par les armes de destruction massive. Mais justement je ne pensais pas que mon enquête puisse faire l'objet d'un documentaire et d'une adaptation télévisuelle et cinématographique. J'ai été séduit par la détermination de Jean-françois Lepetit qui dès le début du mois de février 2003 a commencé à travailler à l'adaptation alors même que le livre venait juste de sortir et n'était pas encore devenu un succès traduit dans 21 langues. Comment vous avez collaboré avec William Karel ? Est-ce que vous le connaissiez auparavant ? Je connaissais William Karel, j'avais vu ses documentaires et notamment sa série sur la CIA ainsi qu'une partie de la série diffusée sur Arte sur Les Hommes de la Maison Blanche et j'avais trouvé que nos démarches se rejoignaient : une volonté de coller à la fois aux faits et de ne pas se satisfaire de la vérité officielle. Je pense - et c'est le ressort de toutes mes enquêtes - que derrière toute vérité officielle, il existe une réalité cachée et c'est ce que j'ai voulu révéler à propos de Bush et de cette administration qui est totalement atypique. Nous sommes face à un phénomène tout à fait nouveau en politique : pour la première fois, une administration, composée d'hommes issus d'une extrême droite chrétienne ultra-fanatique et des neo-conservateurs ont pris le contrôle complet de la politique étrangère américaine et sont aujourd'hui en train de refaçonner totalement les relations internationales. Nous sommes entrés dans une période tout à fait nouvelle, de profonde instabilité et d'incertitude où le droit international a été nié et bafoué. Ensuite, le choix d'intervenir préventivement ré-instaure complètement le chaos et la loi de la jungle et rend les relations entre pays beaucoup plus imprévisibles et dangereuses : demain au nom de ce principe le Pakistan peut attaquer l'Inde, la Corée du Nord lancer des missiles sur le Japon. Il faut également souligner que nous sommes face à une extraordinaire succession de mensonges d'Etat, sans équivalent dans le passé. Un homme comme John Dean qui fut le conseiller juridique de Nixon et le premier à avoir au fond déclenché l'affaire du Watergate en avouant devant une commission d'enquête du Congrès que Nixon faisait écouter les conversations téléphoniques à la Maison Blanche, estime : " si le système américain fonctionne sainement, à terme le président américain devrait être traduit devant le Congrès a et frappé d'impeachment", c'est-à-dire menacé d'une procédure de destitution car, tout de même, la manipulation des faits, le cynisme avec lequel ils ont été proférés sont d'une gravité extraordinaire. Ils ont entraîné un pays et indirectement le reste du monde dans une guerre qui n'était, on s'en rend compte aujourd'hui, nullement justifiée. Quelles différences entre écrire un livre et élaborer un film ? quel travail vous avez pu avoir concrètement avec William Karel ? Sur les livres j'ai travaillé seul mais le travail sur un film est un travail collectif où Jean-françois Lepetit et Agnès Vicariot ont tout au long joué un rôle essentiel Et là effectivement, un certain nombre d'obstacles se font jour : il y a des gens qui peuvent accepter de vous parler avant l'écriture du livre mais qui ont refusé lors du tournage parce que le contenu du livre les a probablement dérangés ; d'autres témoins qui avaient accepté de se confier lors de mon enquête mais ont craint de montrer leur visage devant la caméra. Nous étions face à un certain nombre de paramètres tout à fait différents qu'il a fallu gérer. Mais je pense que William Karel s'en est extrêmement bien tiré. |
| Entretien Avec Jean-françois Lepetit |
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Vous êtes avant tout un producteur de films de fiction. Qu'est ce qui a
guidé votre envie de produire un documentaire et de choisir un sujet lié à
une actualité aussi brûlante ? Je pense que la réalité dépasse toujours la fiction. J'ai été extrêmement frappé par la vaste entreprise de manipulation à laquelle s'est livrée l'administration Bush. Là en l'occurrence, le déclic est venu de la lecture du livre d'Eric Laurent, La guerre des Bush que j'ai dévoré durant un trajet d'avion. Le lendemain, je contactais l'éditeur pour en acquérir les droits. J'avais envie en tant que producteur mais aussi comme citoyen que ce livre devienne un film-documentaire vu par le plus grand nombre. Le choix de confier la réalisation à William Karel s'est imposé naturellement ? Nous avons initialement pensé à quelques réalisateurs dont Barbet Schroeder, Costa Gavras et William Karel ... Ce dernier était non seulement enthousiaste sur le projet mais également disponible immédiatement... Nous avions particulièrement apprécié ses séries sur les hommes de la Maison Blanche, CIA guères secrètes ainsi que Opération Lune... sa connaissance des Etats-Unis, son cv impressionnant et son humour très décapant étaient pour nous autant d'éléments rassurants pour cette entreprise que nous voulions ambitieuse. A quelles difficultés avez-vous été confrontés dans la fabrication de ce documentaire ? La principale difficulté a été d'obtenir la participation de témoins significatifs ... .Grâce au carnet d'adresses de William, certains personnages clés comme Frank Carlucci ou Richard Perle ont accepté de participer. Le montage s'est révélé également la phase la plus délicate. Notamment le passage sur le Patriot act qui avait du mal à s'intégrer dans la version finale. Enfin l'autre difficulté a consisté pour William Karel à terminer le film alors que l'actualité nous apportait chaque jours des éléments que nous avions envie d'intégrer... . France 2 vous a suivi tout de suite... Yves Jeanneau de France 2 nous a manifesté son intérêt et son soutien dès que nous lui avons exposé notre projet sans même connaître le nom du réalisateur. Mais c'est un film- documentaire relativement cher au budget avoisinant les 500 mille euros. Même pré-vendu en France, Suisse, Belgique et Australie... Le risque financier reste très important... et seule une large diffusion de ce film à travers le monde devrait nous permettre d'équilibrer ... Parallèlement à la diffusion sur France 2, le film bénéficie d'une sortie en salle. Pour quelles raisons ? Le problème de la télévision, c'est qu'elle n'a pas de mémoire... Demandez à un téléspectateur ce qu'il a vu une semaine plutôt, il sera incapable de vous répondre. Sortir le film en salle, même 5 jours après une diffusion télé permet de donner une notoriété accrue à une oeuvre... de la dater et de l'ancrer dans la mémoire ... Par ailleurs une sortie DVD est prévue dès le 1er Juillet. A quelques mois des élections américaines, il est urgent que ce film bénéficie d'une large audience. Le documentaire de William Karel avait sa place au Festival de Cannes au même titre que le film de Michael Moore. Comment avez-vous vécu sa non-sélection ? Le délégué général du Festival, Thierry Frémaux, m'a d'abord indiqué qu'il souhaitait présenter notre film en sélection officielle hors compétition, si celui de Michael Moore n'était pas terminé... par la suite il a estimé qu'il ne pouvait pas pour des raisons diplomatiques sélectionner deux films anti-Bush... .Je comprends sa position même si je ne la partage pas, car il est évident que la présence du Monde selon Bush en sélection officielle nous aurait donné un formidable éclairage notamment sur le plan international. Il aurait permis aussi un élément de comparaison intéressant. Selon moi, le film de Michael Moore sombre parfois dans la démagogie. En présentant Bush comme un imbécile, il simplifie le propos et rend son message dangereux. L'approche de William Karel est autrement plus rigoureuse. Le film a-t-il déjà été vu aux Etats-Unis ? Oui, mais uniquement par des acheteurs et des distributeurs... . Leur première réaction a été de nous demander si tout ce que l'on voit dans le film est authentique ! Pourtant ce sont des gens bien informés... C'est dire si l'impact des manipulations et des mensonges est fort dans un pays ou la presse a pourtant la réputation d'être " libre " ... Nous espérons pouvoir trouver une distribution salle, vidéo ou TV aux Etats-Unis. |
| Fiche Artistique |
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Les intervenants Norman MAILER, écrivain Robert STEELE, CIA, opérations clandestines Michael LEDEEN, ancien conseiller de Reagan James ROBISON, télé-évangéliste Robert BAER, CIA, opérations clandestines David FRUM, conseiller du président (rédacteur des discours présidentiels) Charles LEWIS, directeur du Centre pour l'intégrité publique Jim HOAGLAND, Washington Post Joseph Trento, historien Sam GWYNNE, journaliste (directeur du Texas Monthly) Ed McATEER, Coalition Chrétienne Arnaud de BORCHGRAVE, Washington Times Stanley HOFFMANN, Université de Harvard James WOOSLEY, ancien directeur de la CIA Richard PERLE, conseiller du président General William ODOM, ancien directeur de la National Security Agency Anthony BLINKEN, porte-parole du parti démocrate (Commission des Affaires étrangère du Sénat) David CORN, journaliste à The Nation et sur Fox TV Hans BLIX, chef inspecteur ONU Javier PEREZ de CUELLAR, ancien secrétaire général de l'ONU Colin POWELL, Secrétaire d'Etat Joseph WILSON, diplomate Pr. VIET DINH, auteur du Patriot Act (Ministère de la Justice) Frank CARLUCCI, ancien sous-directeur de la CIA & ancien secrétaire à la Défense de Reagan, Groupe Carlyle Laurent MURAWIEC, Analyste RAND corporation David KAY, chef-inspecteur CIA |
| Fiche Technique |
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Un film de :
William Karel En collaboration avec Eric Laurent Image et son : Stéphane Saporito Montage : Tal Zana Une production : FlachFilm ; Agnès Vicariot ; Jean-françois Lepetit Assistante réalisateur : Christiane Ratiney Directrice de production : Sophie Touzeau |
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