Oeuvre de Claude Monet













Voilà que tes jours me sont revenus
et que tu tambourines à ma fenêtre
ta symphonie des " Inconnus ".


Moi qui avais oublié pour un été
tes mélodies d'Orphée,
voilà que tes ondes secouent tout mon être.


Tu dois avoir capté la gestation de mes pensées
pour venir mon âme soudain noyer
et l'accompagner dans ses dédales oubliés.


Mes labyrinthes ne sont pas des enfers
et tu ne veux m'y noyer comme dans la mer
Non, tu as compris que mon esprit,
tous ces automnes, fait le cap de la vie.


Et parce que toute démarche
s'accompagne d'une marche,
le tambourinement de tes eaux en ré, sol, fa
vient rythmer l'imaginaire de mes pas.


Toi, la Pluie, fidèle Amie
tu me reviens au déclin de la vie.
Celle qui bientôt dans une apothéose
se figera dans la froide sclérose.


Voilà que ta danse est impatience.
Partons ensemble Ma Pluie.
Allons battre la cadence
des soupirs de cette vie.


Elle a des souvenirs
perdus dans la demi du jour et de la nuit.
Elle a des pleurs et des rires
réfugiés au fond de ses abris.


Mais elle ne te connaît pas la Pluie,
elle ne t'a pas, Amie.
Viens que je te présente à elle
et que ta musique l'évade du mortel.


Tu sais, elle et moi sommes très unis.
À la croisée de ses derniers désirs
se trouvent le cap de mon avenir.
Ensemble, nous évoquerons,
devant , derrière et maintenant,
du maître les leçons
afin de trouver où va le vent.


Toi, La Pluie, tu laveras le Temps,
celui d'hier et des avants.
Elle, sur ce fond vierge et blanchi
m'écrira la sagesse de mes oublis.
Les pourquoi, les comment,
nous deviendrons omniscient,
du moins pour un autre an.


Viens la Pluie,
il faut quitter notre Amie
pour que s'accomplisse sa nuit.
Dans ces heures de déclin
elle n'a que faire de nos chagrins.
Confiés à elle,
ils périront sous son gel.


Pluie, ma Pluie,
tu restes avec moi, ici.
Nous la retrouverons notre Amie,
son absence ne durera que la nuit.


Mais pleut encore pour moi La Pluie
car mon âme a soif de tes eaux douces
pour chasser les sels de ma bouche
et cautériser les blessures issues de mes oublis.


Voilà que ta nuit viens aussi...
Attends, mon Amie, que je sois endormi.
Et demain, au petit matin,
nous mettrons le cap sur le Destin.



Éloix
09/99


Grisaille d'automne ?














Poussée par le vent, insolente
Elle me décoiffe
Coule sur mes joues
Comme larmes froides


Tout l'été, retenue en son ciel
Elle m'a manquée
Je n'ai pas vu son arc-en-ciel


Enveloppante pluie
Elle m'isole de tout bruit
Me rend à mes océans, mes mers
Enfin, l'exil dans l'imaginaire !


Mon âme l'appelle
Lui ouvre ses secrètes portes
Le calme qu'elle m'apporte
N'a de comparable que tes mots apaisants !


Tes mots, comme vents doux venus de la mer
Comme chaleur du foyer en hiver
Comme musique me prenant toute entière
Comme voix venue de l'éther !


Elle est une amie, la pluie
Pour toi et moi aussi !
Prélude de moments sereins
De retraite en son sein !


Elle se fait parfois violente
Grise et cafardeuse
Souvent joyeuse
Me fait tourbillonner
Comme les feuilles des arbres
Que le vent à l'automne, fait virevolter !


Saison après saison
Tout au cours de ma vie
J'ai aimé et aime encore la pluie
Elle me parle, m'apprend qui, aussi, je suis !


Elle te connaît, Ami
N'es-tu donc pas né d'elle ?
Toi l'homme d'automne
Et de ses enfermements
Te guidant en tes ciels !


Je t'y rejoins à l'unisson
À la force, à la raison
En désirs, en inclination !


Que de belles soirées nous appellent !
Que de réflexions à deux !
Au rythme de la pluie
En nos imaginaires réunis !


Elle nous apprendra l'oubli des avants
Des temps passés
Nous enseignera comment vivre le présent
Dans la virginité retrouvée


Elle sera l'initiatrice
La prêtresse des prémices
Sur l'autel sacré
Nous boirons au calice


Reste la pluie !
Reste dans ma nuit !
Scande mes rêves !
Parle-moi de lui !


Dans quelques mois
Elle se transmutera en neige
En glaçures et en froids
Enfermant à jamais nos oublis !


Bon vent, la pluie !


Lorsque mon âme sera chargée de pleurs, comme toujours, elle reviendra, telle une amie, pleurer sur moi, m'accompagnera, m'apaisera, m'enveloppera !



Ode
17 septembre 1999










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